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Nord du Mali : La France obtient enfin Tessalit ?

A la faveur de la libération de l’otage néerlandais au Nord du Mali, un coin de voile a été levé sur le dispositif français au Mali.

Certains médias français ont indiqué que le rescapé d’AQMI a été acheminé sur la base française de Tessalit, une localité stratégique ayant longtemps été dans le viseur de l’ex-puissance coloniale. Le refus du Mali de laisser cette zone abriter des forces étrangères a pourtant valu bien d’ennuis au pays. Mais avec l’opération Serval, la donne entre Bamako et Paris a littéralement changé. Les Français se sont confortablement installés à Tessalit et au Nord du Mali.

La ville malienne de Tessalit, à quelques kilomètres de l’Algérie voisine, garde une position stratégique sur l’axe transsaharien allant du Nord du Mali à la Tunisie, en passant par le Sud algérien. L’otage néerlandais, qui a été libéré le 6 mars dernier par les forces spéciales françaises, aura vécu plus de trois ans aux mains de ses geôliers d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dans cette localité presque hostile à l’habitat.

Tessalit possède un climat désertique chaud typique de l’Adrar des Ifoghas, massif montagneux situé au Sahara avec des étés très longs et extrêmement chauds et des hivers courts mais agréablement chauds. Le climat y est très aride toute l’année puisque les précipitations moyennes annuelles sont environ de 68 mm.

En cette période, la sécheresse y est encore plus accentuée, surtout que la saison chaude dure environ 7 mois au nord du Mali. La chaleur est extrême et persistante malgré l’altitude de la zone: les températures moyennes maximales sont constamment bien supérieures à 40 °C entre début avril et fin octobre.

La présence française dans cet espace désertique pose quelques problèmes à des Maliens qui ont du mal à accepter une base française dont ils ignorent tout. Quel est aujourd’hui le poids de Tessalit dans le dispositif français au Nord du Mali? Combien de soldats français y sont stationnés et de quels moyens disposent-ils?

A partir de 2013, l’intervention française de l’opération Serval contre les djihadistes au nord du Mali avait mobilisé plusieurs milliers de soldats français. Mais la fin de l’opération Serval en 2014 a apporté des changements dans l’organisation de la présence française au Mali. Les forces Barkhane qui ont remplacé les soldats de Serval sont moins nombreuses et reparties entre Tessalit, Gao et Kidal.

L’installation des Français à Tessalit s’est accompagnée de la signature d’un accord de défense entre le Mali et la France en 2014. Officiellement, cette coopération couvre des domaines comme les changes d’informations relatifs aux vulnérabilités, risques et menaces à sécurité nationale et régionale.

Sont prévus aussi : l’Organisation, l’équipement et l’entraînement des forces, le cas échéant par un soutien logistique pouvant se concrétiser par la cession gratuite ou onéreuse de matériels et équipements militaires. Chaque partie s’engage à prendre les mesures appropriées pour mettre à la disposition de l’autre partie les facilités nécessaires à l’accomplissement du traité. 

Le Pentagone était aussi dans la course

Avant cet accord, Tessalit et tout le Nord du Mali étaient restés longtemps une zone surprotégée par l’Etat malien. On se souvient des multiples tentatives américaines qui voulaient implanter Africom, la base avancée du Pentagone en Afrique. Finalement, ce commandement restera en Allemagne. Ni le Mali, ni aucun autre pays n’a voulu d’Africom, malgré les exercices antiterroristes que l’administration Bush (fils) encourageait dans les pays du Sahel et du Sahara.

Mais, au prix d’une guerre qui a coûté cher à certains de ses soldats, l’ex-Métropole aura réussi là où l’Amérique a échoué. Sauf que les Maliens ignorent tout sur ce qui se passe actuellement à Tessalit. Les conditions d’utilisation des installations et infrastructures ainsi que du soutien logistique fournis par l’Etat d’accueil (le Mali) sont précisées par voie d’accords ou d’arrangements techniques spécifiques.

En tout cas, l’armée malienne n’a pas repris le semblant de contrôle qu’elle avait sur Tessalit depuis sa défaite face aux rebelles de Kidal en mai 2014. Seuls les Français gardent une position confortable dans la localité. Du coup, la région de Kidal se trouve partagée entre deux forces non maliennes: les rebelles dans la ville de Kidal et les Français dans la localité de Tessalit.

Soumaïla T. Diarra

Source: L'Aube 09-04-2015

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