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Gestion des affaires du Mali : Comment le peuple malien a été trahi

Dans le devenir des nations, il arrive que des hommes accèdent aux affaires à la faveur de la confiance, que les populations ont placée en eux au regard des discours hautement patriotiques qu’ils n’ont cessé de tenir çà et là au grand dam de la praxis reconnue comme le seul baromètre de la vérité.

Pour rappel, notons qu’Ibrahim Boubacar Keita travaillait dans une ONG dénommée «Terre des hommes» alors basée dans le septentrion malien.

En 1994, alors qu’il était totalement coupé des cris de détresse des masses laborieuses, Alpha Oumar Konaré, président du Mali lui fait appel et le nomme ambassadeur en Côte d’Ivoire. Il sera déclaré «Persona non grata» en Côte d’Ivoire par Houphouët Boigny à cause de ses affinités avec l’opposant ivoirien du FPI, Laurent Gbagbo. Aussitôt rappelé par Bamako, IBK est nommé chef du gouvernement.

Pendant six (06) années pleines et entières, il est Premier ministre et dirige le gouvernement avec une main de fer dans un gang de velours. A titre d’exemples, IBK au lieu de faire face à la crise scolaire avec esprit de suite et de prévision, a tout simplement fermé les écoles, lançant les problèmes scolaires tout entiers. Aussi, s’est-il taillé le luxe de mettre en prison les ténors du Collectif des partis politiques de l’opposition (COPPO) pour avoir dénoncé la farce électorale présidentielle du 13 avril 1997. Ce n’est qu’en 2001 qu’Alpha le limoge. Sans être dans le secret des urnes, IBK a été un véritable adversaire d’Amadou Toumani Touré dans la conquête du trône. C’était lors des élections de 2002.

Mais, comme aimait dire Vladimir Illich Oulianov Lénine, «c’est dans les coulisses que se prennent les vraies décisions concernant la vie des nations». ATT aurait remporté les joutes électorales présidentielles de 2002. IBK entama ainsi sa traversée du désert. C’est à la faveur du coup d’Etat contre ATT, opéré en 2012 par des militaires patriotes dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo que le député IBK (pour son second mandat à l’Assemblée Nationale) a vu renaitre en lui l’espoir d’être un jour Président de la République du Mali. Les évènements se sont précipités et IBK s’est retrouvé au second tour de la présidentielle de 2013.

Au regard de ses slogans de campagne bien de Maliens ont  dit : «enfin» voilà un homme de parole qu’il faut absolument porter à la tête du pays. Ce choix massif des Maliens est venu du fait qu’entre deux maux, il convient de choisir le moindre. Soumaila Cissé étant le plus grand mal (et cela malgré ses fortunes engagées dans la bataille pour acheter les consciences), IBK a été élu avec un score sans appel de 77,66% des suffrages exprimés. Par ce plébiscite, IBK s’est vu investi des pleins pouvoirs pour opérer avec détermination le changement tant attendu depuis la chute de l’apache régime du général Moussa Traoré.

Rappelons à cet effet que les slogans de campagne d’IBK lui ont bien réussi. Il disait à toutes les oreilles «Le Mali d’abord» «Pour l’honneur du Mali». Le peuple malien pouvait-il  voir la face intérieure de ces slogans pour le moins «patriotiques, affables et responsables» ?

Visiblement, celui qui ne s’est pas apprécié la célèbre vision de Lénine selon laquelle il faut apprendre à voir derrière les déclarations religieuses, esthétiques, ethniques, juridiques et politiques, qui dit quoi, fait quoi, ne pouvait faire la lecture intelligente des slogans d’IBK. Aussi, le peuple travailleur du Mali, écrasé par la misère, l’humiliation, le mensonge politique et l’affairisme de tout acabit, ne pouvait non plus lire dans cette célèbre mise en garde du président guinéen, Ahmed Sékou Touré  selon laquelle : «L’homme est un inconnu connu et un connu inconnu». Deux ans de pouvoir ont permis aux nombreux électeurs maliens de se rassurer que les slogans de campagne de celui que l’on appelle affectueusement «Kankélétigui» sont totalement  coupés de la réalité du terrain et classés dans les calendes grecques. Il faut le dire avec juste raison que depuis son élection à la magistrature suprême, le président IBK n’a pratiquement réussi nulle part. Au contraire, sa gestion se solde jusqu’ici par un échec cuisant. Ainsi :

– Au plan politique, en remettant en selle les cadres vomis et honnis par le peuple, IBK foule au pied les préoccupations légitimes et fondamentales de son électorat. En jetant un regard sur la composition des différents gouvernements du président  du Mali, on ne peut s’empêcher de constater qu’en lieu et place de son slogan fétiche : «Le Mali d’abord», il faut lire plutôt «Ma famille d’abord».

– Au plan économique, la vie devient de plus en plus intenable et le panier de la ménagère ne le démentira pas, encore moins la flambée illicite des prix des denrées de première nécessité, sans compter les produits d’importation. De plus en plus, ceux qui travaillent n’ont rien et ceux qui ne font rien ont tout ce qu’il leur faut.

– Le système éducatif, au lieu de gagner en confiance et en vitalité observe une chute libre des plus vertigineuses. Le BAC 2014 a montré à la face du monde qu’on peut gérer autrement nos affaires. Lorsqu’un des  précurseurs de la privatisation de l’école malienne devient ministre il faut prier fort. Barthélemy Togo ministre de l’Education a transformé l’école communautaire de Sicoroni en une école privée  devenue par la suite sa propriété. Où va alors le Mali ?

– La lutte contre la corruption décrétée en 2014 comme la priorité d’IBK n’a cessé d’assassiner l’espoir dans notre pays. En tout cas les rapports du vérificateur de la république sont classés sans suite.

– La problématique de la question de la paix au Mali reste une grosse épine dans les pieds de notre peuple. L’accord d’Alger précipitamment paraphé et signé par le gouvernement, consacre à n’en pas douter «une paix armée». Il faut tout simplement dire avec juste raison qu’Ibrahim Boubacar Kéita en refusant de déménager à Koulouba, pose  son premier acte de trahison politique envers le peuple. Le second acte de trahison accompli par IBK contre tous ceux qui comptaient sur le changement avec lui a été la nomination des cadres véreux dans le gouvernement, dans les Institutions et les cabinets ministériels. Quel espoir complètement brisé.

– En choisissant de nommer les personnes âgées (qui ont montré toutes leur limite objective pendant qu’ils étaient en activité) à la tête de nos institutions pendant que notre pays regorge d’hommes et de femmes capables de le sauver de son naufrage, IBK prouve à suffisance qu’il a trahi les intérêts fondamentaux du peuple travailleur. L’administration publique ne recrute plus, elle s’est transformée en une oligarchie. Quant aux Institutions du pays, elles sont devenues des structures pour caser des diplômés-chômeurs.

– La quatrième trahison de ce peuple par le président de la république a été qu’en procédant au renouvellement des structures comme le Conseil Malien des Chargeurs (CMC), le Comité Malien Transporteurs Routiers (CMTR) CMTR, l’APCAM, le Conseil National des Jeunes (CNJ), le Conseil national de la société civile (CNSC),la CAFO, la Maison de la Presse et récemment la mise en place de la HAC (Haute Autorité de la Communication), IBK n’est pas passé par d’autre chemin : il a tout simplement  observer les mêmes hommes incompétents à la tête desdites structures. Or, il n’est plus un secret pour personne que ces hommes et ces femmes ne peuvent opérer à la tête de ces structures le moindre changement en faveur du peuple travailleur.

– la cinquième trahison est d’avoir confondu, politique et religion. Tout le monde a vu que depuis le régime Moussa, les responsables religieux ont vu se désagréger sous leur pied, le tissu socio-économique politique et culturel du Mali sans dire aux tenants du pouvoir qu’ils trahissent les intérêts supérieurs de la nation malienne. Mais il ne peut en être autrement quand on sait que Karl Marx avait déjà averti en ces termes : «le prêtre est soit du côté du peuple contre le roi, ou du côté du roi contre le peuple». Chez nous, le choix des chefs religieux penche toujours vers les princes du jour.

– Enfin, les critères d’attribution des logements dits «sociaux» ont fini par désillusionner ceux des Maliens qui croient encore en IBK. Aujourd’hui, il sait que ce sont les charognards de la politique qui continuent à roder autour de lui. Il faut que ça change.

Fodé KEITA

Source: L'Inter de Bamako 26-05-2015

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